Hanouka: un message d’espoir historique et légendaire

Hanouka a également une raison historique, souvent ignorée. Les livres des Machabées, livre apocryphe qui ne nous est parvenu qu’à travers la traduction des septante retrace l’épopée des makabim, de Matatiahou et de ses fils, leaders de la révolte. Il y est relaté qu’une fois le temple reconquis et remis en état, chacun a regretté de n’avoir pu y célébrer la fête de soukot. Le deuxième livre des makabim raconte :

« Ils ont célébré dans la joie, huit jours comme la fête de soukot, se souvenant que quelques temps auparavant ils avaient passé les jours de soukot dans les montagnes et les cavernes comme des animaux. Pour cette raison ils ont décoré avec des bâtons et des branches qu’on pouvait trouver à cette saison et avec des palmiers dattiers ils ont loué Dieu qui avait soutenu leur action dans la purification de son sanctuaire. » (makabim II, 10 :6-7)

La deuxième origine de la fête est donc historique. La situation de Sion comme terre conquise et les conditions de la révolte avaient empêché la célébration de soukot. Notre peuple, qui ne renonce jamais, a su recréer cette fête avec les moyens du bord, hors saison. Notons au passage que ce « soukot chéni » n’a pas pu obéir aux règles habituelles de la fête. Cela n’a pas empêché le peuple de la célébrer et de témoigner ainsi son amour pour la tradition. C’est une deuxième leçon de la fête : ne jamais renoncer, ne pas se laisser démoraliser par l’impossibilité de célébrer nos fêtes, tenter de « reconquérir le sanctuaire » en réunissant les conditions qui nous permettrons de poursuivre notre tradition, et, lorsque le sanctuaire est reconquis, ne pas l’ériger en vérité pétrifiée et idolâtre, mais témoigner de notre amour pour la tradition de façon créative.

 

Hanouka, et cette partie de l’histoire est la plus connue, possède également un fondement légendaire, psychologique et symbolique. Il s’agit du miracle de la fiole d’huile, qui a permis à la ménora (lampe à sept branches utilisée au temple) de brûler pendant huit jours avec une toute petite quantité d’huile. Ainsi, une sorte de ménora à huit branches (comme les huit jours de hanouka) plus chamach, que l’on nomme « Hanoukia », a fait son apparition au quatrième siècle. Encore une fois, il s’agit de ne pas se laisser décourager par la petitesse de nos moyens.

Si nous n’avons qu’un peu d’huile, utilisons-là, partageons cette lumière, laissons là nous éclairer, et elle ne viendra pas à s’éteindre.

Pour cette année, nous pouvons retenir de cette fête si belle et si simple trois qualités qui nous accompagneront pendant ces huit jours, et espérons-le au delà : la lucidité et la conscience, la créativité dans l’expression de notre amour, l’espoir.

Rabbi NaHman soutient Charlie hebdo

Clairement, le titre est un terrible abus et un anachronisme. Cependant, voici un article qui nous parle de la joie, de l’auto-dérision et de la responsabilité d’être dans la joie en dépit des circonstances.

En cherchant des mots de réconfort suite aux derniers événements, j’ai trouvé cet article sur le site du Centre Hartman.

Il correspond tellement à la situation actuelle, et nous redonne le pouvoir à propos de nos sentiments, alors même que trop de chose désastreuses se passent sans que nous puissions intervenir comme nous le souhaiterions. Bien sûr, il faut agir, nous nous y employons. Mais la meilleure façon d’être efficaces est d’agir dans la joie. Alors que cela semble particulièrement difficile en ce moment, cet article de Zvi Mark sur la célèbre citation de Rabbi NaHman de Bratslav, très connue, mais imparfaitement comprise.

En voici la traduction:

Être toujours dans la joie

L’une des phrases les plus citées de Rabbi NaHman de Bratslav est : « C’est un grand commandement que d’être toujours dans la joie. » Quelle est l’explication de la recommandation de Rabbi NaHman concernant le fait d’être dans la joie ? Veut-il parler d’une conception optimiste de la réalité, d’une confiance simple dans le fait que le monde est bon ? Et comment l’individu peut-il parvenir à cette joie ? Une étude attentive des paroles de Rabbi NaHman concernant la joie fait émerger une conception plus complexe et dévoile un système de liens compliqués entre la joie, la tristesse, et le cœur brisé.

Le contexte dans lequel a été prononcée l’injonction d’ « être toujours dans la joie » fait immédiatement émerger la complexité de la conception de la joie selon Rabbi NaHman :

« C’est un grand commandement que d’être toujours dans la joie, et de se surpasser en éloignant de toutes ses forces la tristesse et l’amertume … Et d’une façon générale, il faut faire beaucoup d’efforts de toutes ses forces pour être dans une joie optimale en permanence. Car la nature de l’être humain est de se tirer vers l’amertume, les ténèbres et la tristesse, liés aux atteintes et aux évènements du moment, et tout homme est plein de souffrances, et pour cela il faut se forcer d’une grande force à être sans cesse dans la joie. » (Likouté Moharan)

Par ces paroles, Rabbi NaHman rend évident que la joie n’est pas une réponse naturelle de l’individu au bien qui se répand généreusement sur lui, et n’est pas non plus une focalisation sur les éléments bons et réjouissants de sa vie. La joie est précisément le mouvement de l’âme qui consiste dans le fait de lutter et vaincre la nature de l’être humain et la nature du monde. Car effectivement l’être humain est attiré d’une façon évidente justement vers « l’amertume des ténèbres » et la tristesse. Les soucis et les ennuis accompagnent tous les êtres humains de tous temps et ce faisant la condition humaine naturelle est celle de la déprime et de la tristesse. La joie est donc un mouvement de l’âme « en dépit de », et il revient à l’être humain de se forcer à cheminer en elle. Elle n’est pas un don divin qui revient de droit à l’individu mais un défi posé devant sa porte qui exige de lui de mettre en œuvre toutes ses forces. En d’autres termes, l’humeur de l’être humain n’est pas le fruit de ses conditions de vie mais le fruit de sa décision et de ses efforts pour arriver à la joie.

A la lumière de ceci, on comprend pourquoi les écrits de Rabbi NaHman comprennent de nombreux conseils pratiques dont le but est d’aider l’être humain à parvenir à la joie. L’un des conseils les plus intéressants et surprenants que Rabbi NaHman rappelle, est le fait de consacrer un temps fixe chaque jour pour se briser le cœur et pleurer devant le Saint, béni soit-il.

« Même un cœur brisé est une très bonne chose, il correspond à un moment précis, et il est conseillé de lui attribuer un temps défini chaque jour pour que la personne brise son cœur et pour détaille ses pensées devant Celui qui sera béni, comme on le dit ici, mais toute la journée il doit être dans la joie… Pour cette raison il est essentiel qu’il soit dans la joie en permanence, c’est uniquement pendant un temps spécifique qu’elle aura le cœur brisé. »

A de nombreux endroits Rabbi NaHman conseille à l’homme de sortir s’isoler pendant une heure au milieu de la nuit dans les champs, et d’exprimer un dialogue de pleurs et de cris au Saint Béni soit-il, à propos de ses malheurs et de ses erreurs (Rabbi NaHman précise que si une personne ne peut pas sortir dans les champs, il peut s’isoler aussi dans une pièce calme, et si cela également lui est impossible, il peut s’isoler sous son talit ou sous sa couverture pendant la nuit). Cependant, Rabbi NaHman précise et fait comprendre que le temps des pleurs et du cri n’est pas, lui non plus, un temps de tristesse et de dépression, mais un temps de « cœur brisé ». Quelle est la différence entre les deux ? « La tristesse, c’est comme celui qui est dans la colère et dans la fureur, comme celui dont l’Eternel tonne et se plaint, parce qu’Il ne fait pas ses quatre volontés. Mais le cœur brisé est comme un fils qui s’inculpe devant son père, comme un bébé qui pleure devant son père parce que celui-ci s’est éloigné. » (SiHot haran) La tristesse et la déprime appauvrissent les ressources vitales de l’homme. Il tend à se renfermer, à dormir, et à fuir sa vie. La brisure du cœur suscite justement la réaction, l’action qui rapproche du Saint, béni soit-il. Pour cette raison, une heure fixée de pleurs et de brisure du cœur amènera l’être humain à la joie : « Après le cœur brisé vient la joie, et tel est le signe qu’il avait bien un cœur brisé : Le fait que la joie vient ensuite. » (siHot moharan)

Cependant, que peut-on faire en ce qui concerne la tristesse elle-même, qui est appelée « l’amertume sombre » par Rabbi NaHman ? Une histoire de Rabbi NaHman concerne justement cette question, elle décrit les liens qui unissent la joie et l’amertume sombre :

« En ce qui concerne la joie, voici une parabole : Parfois lorsque les êtres humains sont joyeux et dansent, ils attrapent une personne de l’extérieur qui est dans la tristesse et dans l’amertume sombre et le font entrer de force dans le cercle des danseurs et la forcent contre son gré à être heureuse avec eux lui aussi.

Il en est de même en ce qui concerne la joie, quand une personne est joyeuse, alors l’amertume sombre et les souffrances s’enfuient par les côtés, mais c’est une vertu supérieure d’essayer de poursuivre cette même amertume sombre pour qu’elle se transforme en joie, qu’il transforme l’amertume sombre et toutes ses souffrances en joie, comme celui qui vient s’intégrer à la joie. » (likouté moharan)

La vraie joie ne provient donc pas du fait de repousser la tristesse ou le poids des soucis. Au contraire, c’est la joie consciente et douloureuse qui nait des souffrances humaines. La tristesse et l’amertume sombre sont les matériaux de base à partir desquels est créée la joie.

Un autre conseil de Rabbi NaHman dévoile une autre qualité de la joie telle qu’il la conçoit. Rabbi NaHman soutient que l’unique chemin qui mène à la joie est « les choses du rire et les bêtises », quand un homme plaisante et joue les imbéciles (siHot hamoharan). La capacité de l’individu à se tourner en dérision et à enlever le masque de dignité et de sérieux de son visage, est la condition nécessaire de la joie. Le sérieux et la dignité alourdissent l’être humain. Ils l’incitent à juger de ses actes à l’aune de ceux qui l’entourent. La personne qui se préoccupe de la façon dont les autres la perçoivent, de savoir si son comportement est digne ou ridicule, et en conséquence de quoi il se conduit dans une retenue permanente et en pesant chaque acte. Mais toutes ces choses sont le contraire de la joie, qui est l’expression de la vie, du mouvement libéré, non pas mis en scène et parfois bridé par un mors. Dans la continuité du Zohar, Rabbi NaHman donne à la joie le nom de « monde de la liberté », une position émotionnelle dans laquelle l’être humain fait ce que son cœur lui enjoint, en évitant les conjectures. Ainsi, pour parvenir à la joie, il appartient à l’être humain de se révolter contre la domination despotique de l’intellectualisation et contre un « autocentrage » encombré et épuisant, « de renvoyer l’intellect », de jouer les imbéciles et de ce conduire d’une façon facétieuse et amusante, tout simplement pour que les forces de la vie qui sont la base de la joie se réveillent et remplacent l’extinction dépressive de la tristesse humaine.

Joyeusement et sérieusement vôtre…

Rire même quand on a faim… Rabbi Elazar Ben Pédat

Allez savoir…

Le texte de la torah, comme celui du talmud, n’est pas vocalisé. Il y a une histoire que j’aime bien raconter, mais qui est dure à transcrire par écrit. Mais peut-être n’en est-elle que plus drôle ? A vous de voir si vous arrivez à lui donner l’intonation adéquate pour qu’elle ait un sens :

C’est un père qui reçoit une lettre de son fils. Entre un entretien avec l’un de ses employés et un coup de fil avec l’un de ses concurrents, il la lit : « Père, je n’ai plus d’argent, envoie moi de l’aide, vite, ton fils. ». Il froisse la lettre et se dit : « Quelle froideur, quel exigence ! Puisque c’est comme cela, il n’aura rien ! » La mère entre. Elle vient amener un thé chaud à son cher mari. Elle trouve la lettre froissée, et pleine d’empathie, lit la lettre à son cher mari : « Père, je n’ai plus d’argent, envoie moi de l’aide, vite, ton fils. » Le père dit : « Ah, il s’est calmé, amène-moi mon carnet de chèque ! »

Le même texte peut-être lu de façons différentes.

Mon texte lui-même doit être lu au deuxième degré, s’il vous plait, lisez-le ainsi, car j’ai pensé devoir utiliser des stéréotypes dans lesquels je ne crois pas pour exprimer une tonalité qui n’est pas retraduisible par écrit. Peut-être le serait-elle si il s’agissait du texte de la torah, dont le chant est écrit dans les livres, et absent du rouleau.

Nous avons tous notre façon de lire les « textes » et elle dépend de beaucoup de choses.
En cette période troublée, il est important de prendre garde à nos lectures, à nos intonations. Il est facile de déraper. Et notre plus grand ennemi est le dérapage. C’est ce que cherchent les extrémistes lorsqu’ils tentent de faire monter la pression. A nous mettre sur les nerfs. Ils déversent leur haine gratuite (sinat Hinam). Ils voudraient nous faire oublier l’antidote de cette drogue, l’ ’amour gratuit’ (ahavat Hinam). Et j’en profite pour couper l’herbe sur la tombe des assassinés de Charlie, en parlant d’amour gratuit, je ne parle pas d’un slogan soixantehuitard. Je parle d’un concept créé par le Rav Kook pour exprimer le contraire du principe talmudique appelé ‘haine gratuite’, sinat Hinam dans le neuvième chapitre du traité Yoma, dans la continuité de l’idée d’un « amour que ne dépend pas d’une chose », tel qu’exprimé dans les pirké avot.

Les pirké avot nous invitent à juger chacun lékaf zéHout, ‘à l’aune de son mérite’, c’est-à-dire à considérer que ses motivations sont positives et méritoires, d’une façon plus claire mais un peu réductrice, « au bénéfice du doute ». Ils nous invitent également à ne pas juger notre prochain tant que nous ne nous sommes pas retrouvés à sa place. Or, nous ne sommes jamais à la place de quelqu’un d’autre.

Vu de ma place, le texte que nous présente le talmud babylonien au folio 25 du traité taanit est une chef d’œuvre de profondeur et d’auto-dérision.

J’aimerais le partager avec vous.

Vous êtes prêts pour un voyage dans la folie du Talmud ?

Commençons par lire le texte :

Taanit 25a

Rabbi Elazar fils de Pédat était poussé dans une grande pauvreté. Il eut une saignée et n’avait rien à manger, il prit de l’ail et le mit dans sa bouche, il s’évanouit et s’endormit. Les rabbins vinrent pour lui poser une question et le virent pleurer et rire puis une étincelle de feu vint sur son front. Quand il se réveilla, ils lui dirent : pourquoi as-tu pleuré puis rit ? Il leur dit : parce que le saint béni soit-il était assis avec moi, et je lui ai dit : jusqu’à quand vais-je souffrir dans ce monde ? Il me dit : Elazar mon fils, cela te conviendrait que je renverse le monde depuis son origine, peut-être que tu naitras dans un moment où il y a de la nourriture ? Je dis devant lui : tout cela, et seulement ‘peut-être’ ? Je lui dis : Ce que j’ai vécu est plus grand, ou bien ce que je vivrai ? Il me dit : ce que tu as vécu. Je dis devant lui : Si c’est comme ça, je ne le veux pas. Comme récompense du fait que tu ne le veux pas, je te donnerai dans le monde futur treize rivières d’huile hydratante de pur balsam dont tu auras la jouissance. Je dis devant lui : c’est tout ? Il me dit : Et tes compagnons, que leur donnerais-je ? Je lui dis: Je fais ma demande à un Seigneur qui n’a rien? Il me tapota la tête et me dit : Elazar mon fils, ma flèche est en toi !

Comment comprendre ce texte ? Essayons un petit résumé :

Rabbi Elazar est héroïque. Il survit difficilement et meurt littéralement de faim mais se comporte comme un grand sage. Il est bien considéré par ses pairs qui viennent lui poser une question. Lorsqu’ils le trouvent, il est évanoui et les larmes, le rire et l’illumination animent successivement son visage. Ces expressions intriguent les sages qui attendent impatiemment son réveil pour l’interroger. Effectivement, ce grand sage les éclaire et partage avec eux l’intense expérience spirituelle qu’il vient de vivre. En effet, il était installé aux côtés du Dieu créateur lui-même ! Lorsqu’il a partagé ses soucis, Dieu lui a proposé de défaire le monde depuis sa création pour qu’il se recompose peut-être d’une manière plus favorable à Rabbi Elazar, il naitra peut-être dans un contexte plus favorable et pourra enfin manger à sa faim. Mais Rabbi Elazar résiste à la tentation, il ne va pas détruire le monde sans certitude de l’amélioration de son sort, d’autant plus qu’il a déjà dépassé la moitié de sa vie, il préfère donc supporter la souffrance moins longue, qui l’attend dans le futur. Dieu se félicite de cette modestie et propose de récompenser le sage en lui gardant treize fleuves d’huile bienfaisante pour son bien-être dans le monde futur. Mais là, tout dérape. Rabbi Elazar demande plus. Et quand Dieu s’inquiète de ce qui restera pour ses collègues, Rabbi Elazar semble taxer le créateur du monde de mesquinerie ! Pire, Dieu lui-même semble se réjouir de la réaction ingrate et insultante de Rabbi Elazar ! Non, il semble que nous n’avons pas tout compris à ce texte ! A moins que Rabbi Elazar et Dieu ne soient devenus fous au milieu, nous avons fait une erreur de tonalité !

On reprend à zéro, de façon pragmatique. Que nous dit réellement l’histoire ? Rabbi Elazar meurt littéralement de faim. Après tout, nous sommes dans le traité taanit, dont le titre signifie « le jêune »! Ses collègues viennent le trouver et se soucient du contenu de son rêve et pas de celui de son estomac. Ils décrivent les pleurs et le rire et veulent entendre une histoire. Rabbi Elazar pourrait protester, bouder, s’apitoyer sur son sort, se mettre en colère, demander, mais il choisit de leur répondre à leur niveau. Ils veulent une histoire ? Il va leur donner une histoire. Et quelle histoire ! Il en sera ainsi, כה יהיה et nous sommes justement page כה, page 25.

Il sait que son histoire doit intégrer deux motifs : les pleurs et le rire, dans cet ordre. A part cela, le récit est libre, très libre. Mais rien n’y sera laissé au hasard.

Pourquoi a-t-il pleuré et rit, lui demande-t-on ? Lui qui était dans la plus grande vulnérabilité va inverser la situation. Il raconte qu’il était dans la plus grande situation de puissance : Assis auprès du créateur du monde ! Il raconte que Son Compagnon, lui a fait la proposition la plus valorisante du monde : Détruire le monde et le « reloader » dans l’espoir que les dés seront jetés cette fois d’une façon différente, d’une façon qui lui amènera une meilleure situation. Nous connaissons ce motif. Le monde aurait été détruit si le peuple juif n’avait pas accepté la Torah, le peuple juif aurait été détruit au profit de Moïse si ce dernier n’avait pas pris la défense des enfants d’Israël. Mais ici, Dieu aurait détruit le monde pour que Rabbi Elazar ait une vie plus heureuse ? Rabbi Elazar insinue que lui permettre de manger à sa faim a suffisamment d’importance pour que le monde lui-même soit détruit ! S’il on ne satisfait pas sa faim, il peut exiger la fin ! N’est-ce pas une belle incitation à ce qu’on lui procure un peu de nourriture ?

Rabbi Elazar continue : sa faim aurait légitimé la destruction aux yeux du créateur, mais… mais il a dédaigné cette proposition ! D’une position de détresse, il est passé à une situation de pouvoir. On notera au passage qu’une fois la proposition divine mise en place dans le refus de cette proposition par Rabbi Elazar s’imposait dans le récit. En effet, il aurait été un peu périlleux pour Rabbi Elazar qu’il avait accepté la destruction immédiate du monde puisque cette hypothèse avait peu de chance de se réaliser ! Voilà notre héros humilié à nouveau plein de respectabilité… dans son rêve ! Jugeons Rabbi Elazar « lékaf zeHout ». Il n’est pas mégalomane. Il n’est pas dupe de son invention. Il rit de lui-même et de son dénuement, tout en ne permettant à personne de réduire sa dignité à sa triste condition.

Il rit de lui-même, et rit de ses compagnons. Il raconte que dans la suite du récit, Dieu fait de lui un aristocrate du monde futur, dans lequel l’attendent 13 fleuves d’huile bienfaisante. La démesure est parodique bien sûr. Et le nombre, ainsi que le soulignait Roger dans notre étude, très symbolique. 13, c’est le nombre des attributs divins, un nombre hautement spirituel qui correspond bien à l’eventuel caractère spirituel du monde futur… Sauf qu’il s’agit des 13 fleuves de beauté de la peau, il s’agit d’eau réelle, parce qu’il le v’eau bien. Mais cela ne lui suffit pas, il demande plus, à tel point que Dieu doit lui-même s’inquiéter des trésors qui resteront à la disposition de ses collègues. Rabbi Elazar affirme que ce n’est pas une raison pour « limiter » sa récompense à « seulement » 13 fleuves, et Dieu lui donne raison !

Tout ceci semble assez scandaleux.

Le talmud nous apprend que les rabbins sont humains, mais aussi qu’ils ont souvent de bonnes raisons de faire ce qu’ils font. Ici, il me semble que Rabbi Elazar se venge d’une façon bien innocente du manque de considération de ses collègues qui lui rendent visite alors qu’il est malade, sans se préoccuper de sa santé, pour des raisons « professionnelle », qui l’espionnent dans son sommeil et ont l’impertinence de l’interroger sur ses rêves, tout en ayant l’inconvenance de ne pas lui proposer de l’aide ! Rabbi Elazar fait passer le message : Je ne me préoccupe pas de votre monde futur… Comme vous ne vous préoccupez pas de me nourrir dans un moment de détresse.

Mais le récit de Rabbi Elazar est bien plus subtil que cela. Car ses reproches sont au second degré, s’appuyant sur une imagerie absurde. Il a besoin d’un sandwich maintenant, pour son corps, alors qu’il bénéficie d’une puissance spirituelle remarquable dans « ce monde-ci », qui est un monde où la réalité matérielle compte beaucoup. Alors il renverse la situation et prétend qu’on lui a réservé des torrents de crème hydratante dans le monde futur, alors que ce dernier serait un monde spirituel ! Dieu serait si matérialiste qu’il n’aurait rien d’autre à proposer à un sage d’Israël ? De l’huile hydratante ?! Rabbi Elazar, ici, rit des promesses futures ! Pire, il rit de Dieu ! Dieu lui propose de détruire le monde pour lui, et il répond : « Tout cela pour un « peut-être » ? » C’est tout ? Tu dois détruire le monde entier, et tu n’es même pas certain que cela amènera une amélioration de mon sort, dit-il ? Dieu est puissant ! Il peut détruire le monde ! Mais Dieu est impuissant ! Les mondes qu’il peut créer sont limités par une contrainte : celle de l’existence du hasard ! Rabbi El Hasard nous place avec humour au cœur d’un problème philosophique de premier ordre. Dieu peut détruire le monde, mais il ne peut pas garantir à Rabbi Elazar un sandwich ! Dieu ne peut pas donner d’ordres au hasard ! Comme le disait Alice, il peut relancer les dés mais pas en choisir le résultat. La création du monde implique nécessairement de la souffrance.

Grand seigneur ( !) Rabbi Elazar ne demandera pas à Dieu d’accomplir sa promesse. Après tout, puisqu’il ne va plus vivre très longtemps, à quoi bon ! Bien sûr, nous sommes toujours dans l’excès et dans l’humour, car, si nous sommes conscients que nos années ne valent pas grand-chose à l’échelle de l’univers, il est bien clair nos yeux, elles comptent infiniment pour nous ! Telle est d’ailleurs l’origine des pleurs de Rabbi Elazar, lorsqu’il apprend que « ses jours passés sont plus nombreux que les jours qui lui restent à vivre ». S’il commence en espérant ne pas souffrir encore trop longtemps de cette maladie qu’on appelle la vie, il pleure lorsqu’il apprend que sa mort est trop proche, avant de jouer à nouveau la carte de l’indifférence et de témoigner son mépris pour ses souffrances futures, en les préférant à un reformatage du monde, mais ensuite il renégocie leur valeur en exigeant une plus grande récompense. C’est cette promesse future qui, dans la trame du récit qu’il fait à ses compagnons, explique son rire et sa satisfaction.

Pourtant cette promesse semble insuffisante ! Dieu tente de le raisonner sous prétexte de garder un peu de richesses pour ses collègues. Nous sommes toujours dans l’absurde car Dieu n’est pas soumis aux limites du matériel, et que le spirituel n’est pas non plus divisible. Si les 13 fleuves sont matériels, Dieu peut en créer autant qu’on veut, et en plus ils ne valent plus rien lorsque le corps a disparu ! En demander plus est une blague de la part de Rabbi Elazar, le refuser est une blague de la part de Dieu ! Elazar en prend note et Dieu lui répond, à la mode d’un tanour AHnai, « mon fils m’a vaincu », qui s’exprime ici par la phrase « mon fils, Elazar, ma flèche est en toi ! », autrement dit : « tu tires en plein dans le mil », en lui tapotant familièrement le front. C’est ce moment qui doit correspondre dans le récit de Rabbi Elazar à l’illumination dont ses collègues ont été témoins.

Mais nous sommes encore dans le discours de Rabbi Elazar à ses collègues. Il leur dit que Dieu l’a félicité en rêve pour sa vivacité d’esprit. Il s’envoie lui-même des fleurs devant ses amis ! Ce faisant, on peut considérer qu’il leur lance un défi. « Saurez-vous être aussi vivaces que moi, même quand je sors à peine de mon coma ? Moi, Rabbi Elazar, je viens de vous donner une histoire incroyable, saurez-vous en déchiffrer le message caché ? » Le message caché de l’énigme, qui est très profond à force d’être prosaïque, est à mon sens : « amenez-moi à manger », ce que Dieu ne peut pas faire même en détruisant le monde, vous vous pouvez le faire d’un seul geste. La Tsedaka. Et nous lecteurs, comprendrons-nous le message caché ? La vie est courte, l’humour nous sauve de ses déboires, nous pouvons être intelligents même en cas de détresse, nous pouvons faire passer dignement des messages vitaux, appeler à l’aide dans nous humilier, comprendre notre prochain et l’aider en le respectant, nous mourrons tous un jour et la souffrance fait partie du monde, mais on peut quand-même partager un sandwich, et dieu nous a donné la sagesse de nous en rendre compte !

Notre histoire met en avant les qualités exceptionnelles de Rabbi Elazar, son contrôle de lui-même, son intelligence sociale, ses capacités de subtilité, sa créativité, son impertinence, son sens de la dérision et de l’autodérision et sa capacité de se sortir avec humour et subtilité d’une situation gênante, tout cela avec sa capacité de rappeler les réalités philosophiques qui déterminent les contingences humaines. Rabbi Elazar est un héros dans le sens des pirké avot, il conquière son instinct, se comportant bien vis-à-vis de son prochain tout en protégeant son propre kavod. La version sans humour nous présente un parangon de piété. La version au deuxième degré est l’apologie de la subtilité et de la vérité.

Voilà donc ma façon de raconter l’histoire racontée par le talmud racontée par Rabbi Elazar à ses collègues… A vous d’en poursuivre la transmission.

Bon appétit, bon birkat hamazone, et que nous soyons tous en mesure dès que possible, de faire cesser la faim dans le monde, d’aimer notre prochain, de développer un ahavat Hinam qui est à la base de la continuation du monde.

Rire, c’est la voix de la sagesse…

Le chapitre VIII des proverbes donne une voix à la sagesse, qui raconte qu’elle était auprès de Dieu lors de la création du monde, et qu’elle riait.

1 Voici la sagesse qui appelle, la raison qui élève la voix. 2 Sur la cime des hauteurs qui bordent la route, au croisement des chemins, elle s’est postée. 3 Dans le voisinage des portes qui conduisent dans la cité, à l’entrée des avenues, elle fait retentir ses apostrophes: 4 « Mortels, c’est vous que j’appelle; fils de l’homme, c’est à vous que s’adresse ma voix. 5 Niais, sachez le prix de la réflexion; sots, sachez le prix de l’intelligence. 6 Ecoutez, car j’énonce de nobles vérités, et mes lèvres s’ouvrent pour des leçons de droiture…

30 Alors j’étais à ses côtés, habile ouvrière, dans un enchantement perpétuel, m’amusant en sa présence avec des joies sans fin, riant sur son globe terrestre et faisant mes délices des fils de l’homme. 32 Et maintenant, mes fils, écoutez-moi: heureux ceux qui suivent fidèlement mes voies!

וָאֶהְיֶה אֶצְלוֹ, אָמוֹן: וָאֶהְיֶה שַׁעֲשׁוּעִים, יוֹם יוֹם; מְשַׂחֶקֶת לְפָנָיו בְּכָל-עֵת. מְשַׂחֶקֶת, בְּתֵבֵל אַרְצוֹ; וְשַׁעֲשֻׁעַי, אֶת-בְּנֵי אָדָם. וְעַתָּה בָנִים, שִׁמְעוּ-לִי; וְאַשְׁרֵי, דְּרָכַי יִשְׁמֹרוּ

Hommage à ceux qui font rire, remettent à leur place les imbéciles, nous aident à prendre du recul pour conjuguer bienveillance vis-à-vis d’autrui et refus de la malveillance.

Ki Tétsé/ Ki Tavo : S’adresser à la réalité

L’actualité autant que le texte de la Paracha nous éclairent sur ce qu’est la Torah.

D’un côté il y a nos désirs, nos espoirs, nos aspirations, notre vision d’un monde idéal. De l’autre il y a la réalité, le monde concret, le désir des autres, les difficultés et le monde tel qu’il est.

Comment gérer cette dichotomie ?

En tant qu’humains, nous avons différentes possibilités de réagir. Parfois, l’écart entre les deux explose en colère, parfois, il se désinvestit en dépression, parfois, nous choisissons de vivre dans notre idéal abstrait et de nous détacher du réel, parfois nous sommes aspirés par le réel et oublions nos autres ambitions.

Qu’attendons-nous d’une spiritualité ou d’une religion ?

Si nous écoutons les pensées religieuses qui nous entourent, nous voyons qu’elles insistent sur l’idéal, le monde futur, la perfection ou la toute puissance des héros. Si nous préférons nous référer à Descartes, nous entendons que « l’âme par laquelle je suis ce que je suis, est entièrement distincte du corps », le monde des idées est distinct de l’expérience.

Le christianisme comme le cartésianisme ont forgé la pensée occidentale, et il n’est pas simple pour nous, en tant que juifs, de rester en phase avec la vision de notre tradition, qui se démarque nettement des positions précédentes.

La Torah évoque de façon crue et directe les abus auxquels la nature humaine peut parfois nous pousser, et parfois, nous sommes choqués. Si nous attendons de notre tradition spirituelle qu’elle nous emmène dans le monde éthéré de la pensée juste, nous sommes perturbés.

Mais tel n’est pas le but que se fixe la Torah, le rendez-vous auquel elle nous invite est différent.

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Birkat Hamazon de Marcus Cohn

Marcus Cohn était un ami de ma grand-mère, c’est ainsi que j’ai découvert son merveilleux Birkat hamazon, il y a de nombreuses années.

Aujourd’hui, j’en propose donc une traduction et une transcription, et espère qu’il permettra à beaucoup de personnes de faire rentrer le Birkat hamazon dans leur quotidien.

                                 Rabbin Floriane Chinsky

* Téléchargez le birkat hamazon de Marcus Kohn *

 

Voici ce que Katy Hazan dit de cette grande personnalité du judaïsme :

« Marcus Cohn en est l’artisan [de l’école Maïmonides], l’âme et le directeur. Professeur de Bible au Séminaire rabbinique de la rue Vauquelin, c’est, aux dires de tous ceux qui l’ont connu, un universitaire brillant, un hébraïsant émérite, un penseur religieux hors pair et enfin un remarquable pédagogue. Connaissant le yiddish, il sait parler aux enfants, qui, à son contact, apprennent le français en trois mois. Grand, maigre, arborant une petite barbe pointue, les yeux clairs, austère mais souriant, toujours la cigarette au bec, « Cucus » est très respecté. Il mène son petit monde avec un rare savoir-faire, capable aussi bien d’affronter la contestation des élèves [Entretien avec Théo Klein, décembre 2001] que de pallier les défaillances des enseignants. Grâce à son immense culture, profane comme biblique, il est capable de remplacer au pied levé n’importe quel professeur. De lui, on raconte qu’il sut réécrire en captivité une sidra (section de la Tora), sans la moindre faute. Théo Klein témoigne : « Notre relation avec lui est difficile à faire comprendre à ceux qui ne l’ont pas vécue. Nous le respections, bien sûr ; non parce qu’il était notre directeur et notre maître, mais parce qu’émanaient de lui une force et une disponibilité telles que chacun d’entre nous ressentait une affection admirative, spontanée et irrépressible ». »

Les cadeaux du chabbat, betsa 16a

 תניא אמרו עליו על שמאי הזקן כל ימיו היה אוכל לכבוד שבת מצא בהמה נאה אומר זו לשבת מצא אחרת נאה הימנה מניח את השניה ואוכל את הראשונה אבל הלל הזקן מדה אחרת היתה לו שכל מעשיו לשם שמים שנאמר (תהילים סח) ברוך ה’ יום יום

תניא נמי הכי בית שמאי אומרים מחד שביך לשבתיך ובית הלל אומרים ברוך ה’ יום יום

א »ר חמא ברבי חנינא הנותן מתנה לחברו אין צריך להודיעו שנאמר (שמות לד) ומשה לא ידע כי קרן עור פניו מיתיבי (שמות לא) לדעת כי אני ה’ מקדשכם אמר לו הקב »ה למשה משה מתנה טובה יש לי בבית גנזי ושבת שמה ואני מבקש ליתנה לישראל לך והודיע אותם מכאן אמר רבן שמעון בן גמליאל הנותן פת לתינוק צריך להודיע לאמו לא קשיא הא במתנה דעבידא לאגלויי הא במתנה דלא עבידא לאגלויי שבת נמי מתנה דעבידא לאגלויי מתן שכרה לא עבידא לאגלויי:

Talmud Betsa 16a

 

On enseigne dans la michna qu’on disait à propos de Chamaï l’ancien qu’il mangeait tous les jours en l’honneur du chabbat. Il trouvait un veau de bonne qualité, il disait « ce sera pour le repas du chabbat », il en trouvait un autre d’une qualité meilleure que le premier, il mettait de côté le deuxième et mangeait le premier. Mais Hillel l’ancien possédait une autre qualité, en effet, tous ses actes étaient désintéressés (léchem chamaim), comme il est dit : « Dieu est béni au jour le jour »(Psaumes).

On a enseigné également que l’école de Chamaï dit « à partir du premier jour de la semaine, pense au chabbat à venir » et l’école de Hillel dit « Dieu est béni chaque jour ».

Rabbi Hama a dit au nom de Rabbi Hanina : « celui qui donne un cadeau à son prochain n’a pas besoin de le lui faire savoir, comme il est dit (Ex.34) : ‘et Moïse ne savait pas que son visage rayonnait.’ »  On objecte (en citant une source qui amène l’enseignement contradictoire) : « Pour que tu saches que je suis l’Eternel qui vous sanctifie » !

Le Saint, béni soit-Il, a dit à Moïse : Moïse, j’ai un beau cadeau dans mes réserves et son nom est « Chabbat », et je souhaite le donner à Israël, va et fais le leur savoir. De là a dit Rabban Chimon ben Gamiliel : « Celui qui donne du morceau de pain à un enfant doit le faire savoir à sa mère ». Ce n’est pas une difficulté, dans un cas il s’agit d’un cadeau qu’il faut révéler, dans l’autre cas d’un cadeau qui n’a pas besoin d’être révélé. Le chabbat fait partie des cadeaux qu’il faut révéler, les bénéfices du respect du chabbat font partie des cadeaux qu’il ne faut pas révéler.

 

Questions :

De quelle façon Chamaï préparait-il le chabbat ?
Que signifie l’approche de Hillel ?
D’après l’histoire, comment le chabbat est-il considéré ? Qu’est-ce que Dieu veut en faire ?
Pourquoi serait-il préférable de faire savoir à quelqu’un quand on lui a fait un cadeau ? Serait-il parfois préférable de ne pas le lui faire savoir ?
Quelles sont les cadeaux visibles du chabbat? Ceux que nos enfants voient immédiatement quand ils rentrent à la maison? Quels sont les cadeaux « invisibles », ceux qui ne se font sentir que sur le long terme par exemple?

Bénédictions données, bénédictions volées… Toledot 5773

Rebecca et Isaac ont enfin des enfants, deux jumeaux très différents aux relations compliquées.

Lequel portera l’avenir de l’alliance? Les parents, comme les deux fils, sont en désaccord sur ce point.

Faute de solution concertée, chacun essaie d’arranger les choses à sa façon.

Mais Isaac n’a-t-il de bénédiction que pour l’un des enfants? Combien de bénédictions les parents peuvent-ils avoir en réserve, pour ceux à qui ils ont donné la vie?

Tel est le thème de réflexion de notre feuille d’étude hebdomadaire, à télécharger sur le lien suivant:

midrach parachat Toledot 5773

Eliezer éprouve Dieu… Hayé Sarah 5773

Dans les moments difficiles, comment trouver un appui sûr?

Le risque existe de tomber dans la superstition, de chercher des « signes »  nous indiquant comment agir

C’est ce qui arrive à Eliezer, lorsqu’il s’adresse à Dieu pour désigner l’épouse idéale pour Isaac.

Qu’en pense le midrach? Téléchargez ici midrach parachat Hayé Sarah 5773

Bonne semaine à tous!