Chanson d’automne

En montant mon regard est attiré vers l’est
La lumière matinale
Et je compte à mes doigts tout le temps qui me reste
Vers le temps automnal

Un éclat doux se lève à la cime des êtres
Encore une saison passée
C’est là qu’enfant j’apprenais mes leçons
Je vais revisiter

Je vais encore marcher dans ces sentiers connus
Familiers et nouveaux
Le rythme de mes pas bercera mes pensées
En ce lieu de rencontre
Où marchent en amoureux passé et avenir
Qui est si fugitif
Et éternel aussi

Et qui me charme
Quand se porte à mes yeux
L’éclat de quelques feuilles illuminées par l’est

La femme du rêve de Verlaine peut-elle être la princesse du chabbat?

Mon rêve familier

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.
Car elle me comprend, et mon coeur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.
Est-elle brune, blonde ou rousse ? – Je l’ignore.
Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.
Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères qui se sont tues.

Chabbat, l’invitation au voyage

Je retrouve ce très beau texte de Baudelaire et réalise que pour moi, il est parfait pour introduire le temps très spécial du chabbat.

Qu’en pensez-vous? J’attends vos commentaires sur le Blog. Bon mois de Hechvan à tous.

 

L’invitation au voyage

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l’ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l’âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l’humeur est vagabonde ;
C’est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu’ils viennent du bout du monde.
– Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D’hyacinthe et d’or ;
Le monde s’endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.