Les voyages et leurs bénéfices virtuels (Paracha Massaé) (ou: Pokemon et plus encore!)

Je partage cette petite Dracha composée spécialement Chabbat dernier à l’occasion de mon passage au GIL, la synagogue libérale de Genève.

Dans le texte que nous venons de lire dans le sidour, il est question de voyages. Le voyage dans l’espace et le voyage dans le temps. Puisque nous disons que les voyages forment la jeunesse, il est intéressant de se demander en quoi ils nous aident à évoluer. Cette question est présente non seulement dans la Torah mais aussi dans toute l’histoire juive ; en effet, notre expérience en tant que peuple couvre  de vastes espaces dans l’histoire autant que dans la géographie. Cette même question se pose à chacun d’entre nous, lorsque nous traversons les différents âges de la vie, chaque fois que nous rencontrons des situations et des personnes nouvelles.

Pour moi qui suis justement en visite dans cette belle synagogue de Genève, la question est très présente. Je mesure également le temps écoulé depuis ma brève visite au moment de son inauguration, il y a un peu plus de 6 ans.

Et la question du voyage est à mes yeux apparentée la question de l’identité.

Le GIL ressemble beaucoup au MJLF, il est évident que nous sommes frères, que nous sommes de la même famille. Pourtant, il existe des nuances, des variantes plus ou moins perceptibles au niveau des pratiques et au niveau des airs. Ces différences m’interrogent. Où est la limite entre ce que j’identifie comme « semblable » et ce que j’identifie comme « différent ».

La question est pertinente aujourd’hui à différents niveaux, et on peut se demander si les identités religieuses par exemple nous rapprochent ou nous séparent. On peut se demander si les identités nationales nous rapprochent ou nous séparent.

Au-delà des éléments « objectifs » qui font notre ressemblance et notre différence, une autre chose compte encore plus : la façon dont nous répertorions ces différences. Les classons-nous dans la catégorie « un peu différentes mais nous sommes frères » ou dans la catégorie « pas mal différentes et nous sommes étrangers » ? Plus que la réalité, c’est notre lecture de la réalité qui fait la différence.

Alors que notre paracha parle justement de voyages, nous pouvons mentionner la très belle formule de Alfred Korzybski (mathématicien, ingénieur et philosophe) : « La carte n’est pas le territoire ». Il ne faut pas confondre la réalité et l’idée que nous nous en faisons.

Un texte de Lewis Carroll illustre cela avec beaucoup de fantaisie et de justesse :

« « C´est une autre chose que nous avons apprise de votre Nation, » dit Mein Herr, « la cartographie. Mais nous l´avons menée beaucoup plus loin que vous. Selon vous, à quelle échelle une carte détaillée est-elle réellement utile ? »

« Environ six pouces pour un mile. »

« Six pouces seulement ! » s´exclama Mein Herr. « Nous sommes rapidement parvenus à six yards pour un mile. Et puis est venue l´idée la plus grandiose de toutes. En fait, nous avons réalisé une carte du pays, à l´échelle d´un mile pour un mile  ! »

« L´avez-vous beaucoup utilisée  ? » demandai-je.

« Elle n´a jamais été dépliée jusqu´à présent », dit Mein Herr. « Les fermiers ont protesté : ils ont dit qu´elle allait couvrir tout le pays et cacher le soleil  ! Aussi nous utilisons maintenant le pays lui-même, comme sa propre carte, et je vous assure que cela convient presque aussi bien. »

Ainsi, il est simple de confondre le territoire et sa carte, le réel et la signification que nous lui donnons. Mais ce serait une erreur. La sentence de Korzybski bien sur métaphorique, comme l’histoire de Lewis Caroll.

Notre paracha de la semaine, Massaé, retrace le déplacement des enfants d’Israël pendant les 40 ans du désert. Pourquoi ce « retour sur carte » ? Pour Rachi, ce récapitulatif est fondamental. Il permet non seulement de rappeler les détails pratiques de l’histoire, mais surtout de leur donner un sens. Chaque aventure est un enseignement qui doit être pris en compte.

Nous nous rappelons que les 40 ans d’errance dans le désert sont liés au refus des enfants d’Israël d’entrer en terre de Canaan. On pourrait penser que ces 40 ans auraient eu un caractère punitif. Rachi souligne au contraire la bienveillance permanente de Dieu. Sur les 42 étapes, 22 se sont déroulées pendant la première et la dernière année. Les 20 restantes ont donc permis de longues pauses, de deux ans en moyenne, laissant ainsi aux enfants d’Israël le temps de s’installer, de se poser. Ce récapitulatif est une déclaration d’amour. Rachi mentionne la parabole des sages, comparant cela à l’histoire de ce roi qui a voyagé avec son fils malade. Une fois celui-ci sorti de sa fièvre, le roi tient à lui redonner conscience des chemins qu’il a parcourus dans un demi sommeil : « Ici nous avons dormi, ici nous nous sommes rafraîchis, ici tu as eu des maux de tête, etc. »

De même, les péripéties de nos vies ont un sens, au-delà de leur simple « cartographie », et il nous appartient de nous en saisir.

En ces temps de furie de « Pokémon Go », une petite comparaison estivale peut nous permettre de dire qu’au-delà de la réalité matérielle, il existe une réalité virtuelle, y a toujours un « Pokémon » ou un « cadeau virtuel » dont nous pouvons nous saisir si nous prenons la peine de le voir.

Ainsi, lorsque nous prenons la peine de voir plus loin que la « carte » pré-écrite dans nos têtes, nous pouvons saisir les cadeaux que nous offrent les expériences de la vie, les voyages se mettent à former notre jeunesse, nous apprenons beaucoup des ressemblances et des différences de l’autre. Dans la confrontation à la vie et à l’autre, nous apprenons à mieux connaitre notre identité propre.

Le Rabbin Garaï soulignait la semaine dernière notre capacité en tant que juifs libéraux de ne pas nous identifier à notre tradition de façon fondamentaliste, mais à adopter parfois un regard distant qui permet la réflexion. Tel est également l’un des enseignements de notre Paracha. Que nous gardions toujours cette capacité de distanciation et de réinterprétation du réel, en particulier en ce jour de repos qu’est ce beau chabbat que nous partageons.

Chabbat Chalom

Seder express: pour préparer son seder familial

Une vidéo et une mini hagada pour se lancer pour un seder familial à la maison…

Pour Surmelin

Bonjour à toutes et à tous,

Faire le seder chez soi est une expérience extraordinaire.
On peut y passer toute la nuit, comme Rabbi Akiva, Rabbi Tarfon, Rabbi Eleazar ben Azaria and co., en rajoutant des questions d’actualité (dans quels pays se bat-on aujourd’hui pour la liberté?), des questions éternelles et philosophiques (qu’est-ce que la liberté? la liberté politique? la liberté de se changer soi-même? comment peut-on l’atteindre? etc….), ou de nombreux chants.
On peut aussi faire des versions simplifiées qui permettent de se lancer pour un premier seder et de mettre le seder à la portée des enfants.
Pour cela, nous avons préparé pour vous deux outils: Une hagada courte et très simplifiée que vous pouvez télécharger ici:
hagada simplissime à télécharger
Une vidéo qui vous montre comment utiliser cette hagada et comment apprendre les chants:

Bonne lecture, bonne écoute, et bon seder.
Ce vendredi à 18h45, office abrégé…

View original post 13 mots de plus

Hanouka: un message d’espoir historique et légendaire

Hanouka a également une raison historique, souvent ignorée. Les livres des Machabées, livre apocryphe qui ne nous est parvenu qu’à travers la traduction des septante retrace l’épopée des makabim, de Matatiahou et de ses fils, leaders de la révolte. Il y est relaté qu’une fois le temple reconquis et remis en état, chacun a regretté de n’avoir pu y célébrer la fête de soukot. Le deuxième livre des makabim raconte :

« Ils ont célébré dans la joie, huit jours comme la fête de soukot, se souvenant que quelques temps auparavant ils avaient passé les jours de soukot dans les montagnes et les cavernes comme des animaux. Pour cette raison ils ont décoré avec des bâtons et des branches qu’on pouvait trouver à cette saison et avec des palmiers dattiers ils ont loué Dieu qui avait soutenu leur action dans la purification de son sanctuaire. » (makabim II, 10 :6-7)

La deuxième origine de la fête est donc historique. La situation de Sion comme terre conquise et les conditions de la révolte avaient empêché la célébration de soukot. Notre peuple, qui ne renonce jamais, a su recréer cette fête avec les moyens du bord, hors saison. Notons au passage que ce « soukot chéni » n’a pas pu obéir aux règles habituelles de la fête. Cela n’a pas empêché le peuple de la célébrer et de témoigner ainsi son amour pour la tradition. C’est une deuxième leçon de la fête : ne jamais renoncer, ne pas se laisser démoraliser par l’impossibilité de célébrer nos fêtes, tenter de « reconquérir le sanctuaire » en réunissant les conditions qui nous permettrons de poursuivre notre tradition, et, lorsque le sanctuaire est reconquis, ne pas l’ériger en vérité pétrifiée et idolâtre, mais témoigner de notre amour pour la tradition de façon créative.

 

Hanouka, et cette partie de l’histoire est la plus connue, possède également un fondement légendaire, psychologique et symbolique. Il s’agit du miracle de la fiole d’huile, qui a permis à la ménora (lampe à sept branches utilisée au temple) de brûler pendant huit jours avec une toute petite quantité d’huile. Ainsi, une sorte de ménora à huit branches (comme les huit jours de hanouka) plus chamach, que l’on nomme « Hanoukia », a fait son apparition au quatrième siècle. Encore une fois, il s’agit de ne pas se laisser décourager par la petitesse de nos moyens.

Si nous n’avons qu’un peu d’huile, utilisons-là, partageons cette lumière, laissons là nous éclairer, et elle ne viendra pas à s’éteindre.

Pour cette année, nous pouvons retenir de cette fête si belle et si simple trois qualités qui nous accompagneront pendant ces huit jours, et espérons-le au delà : la lucidité et la conscience, la créativité dans l’expression de notre amour, l’espoir.

We are not victims, we are activists!

Thanks to my friend Len Muroff who initiated the translation of this article and who helped me doing it!

Last Friday, we were over 60 people at our east Paris synagogue for an interfaith dinner that allowed us to create direct links with women, men and children of all religious and philosophical backgrounds.

Charonne, 14/11/2015, 21h

Charonne, 14/11/2015, 21h

This past Friday while returning from synagogue, we heard the sirens of police and ambulances. Now, we are sad and shocked that human stupidity could make so many victims. We are in national mourning. We feel so powerless.

Both events illustrate a reality that we all know: As humans, we are capable of the worst and the best.

How can we increase our ability to bring out our best? How can we contain and defuse the risk of bringing out the worst?

In the short term, the destroyers may seem to be the winners. It is easy for cowards to attack by surprise. No glory in that. It would be criminal to add to the notoreity of the terrorists. We must continue to ignore their names. We must apply the injunction to « erase the name of Amalek.

Our service the morning after, was infused with values which we have been struggling for years: Equality between men and women, the inseparable link between tradition and modernity, the collaboration between prayer/spirituality and civic activism, the supremacy of education and peace.

In order to remain truly engaged, we must apply the injunction to remain « woven into the web of life”, we have to be active: we must take care of ourselves, our neighbors, and the strangers, in order to be truly alive.

Let fear not be the hero here. Let us focus the light on real heroism.

Heroism is a daily battle, it is the work of education and non-violence, which we must engage in patiently for ourselves personally and apply to our relationships with others.

juifs multiculturels...

Jews from different times and places (Beth Hatefutsot)

Heroism is represented by the Righteous Among the Nations that LICRA (International League Against Racism and Anti-Semitism) which we will celebrate on November 22nd, Heroism is found in the tweet « Open doors » (people opened their doors to welcome people fleeing from the terrorists). Heroism is the hundreds of people who went voluntarily to donate blood, Heroism is the ability to pick up the phone to support our families and to strengthen ties, Heroism is the ability to put down the phone when it’s time to recreate an intimate atmosphere in our homes, Heroism is our determination tos defend our French identity as the guarantor of fundamental freedom.

Today we are all united in this fight, a great « army of peace », « tséva shalom ouménouHa ».

We will continue to give meaning to our lives by fighting for inner peace, by being proud of our Jewish and French identities, to defend freedom and the Republic.

Some people make us a target for what we represent.
Nobody has the power to make us into victims, because in reality we are truly solidarity activists.

Thanks to everyone for the daily collaboration that gives meaning to my life.

Rabbi Floriane Chinsky

Nous ne sommes pas des victimes, nous sommes des militants !

Vendredi dernier, nous étions plus de 60 à la synagogue pour un dîner interconvictionnel qui nous a permis de créer des liens directs avec des femmes, des hommes et des enfants de toutes traditions religieuses et philosophiques.

Ce vendredi en revenant de la synagogue, nous avons entendu les sirènes de la police et des ambulances.Nous sommes tristes et choqués que l’imbécilité humaine ait pu faire autant de victimes, à notre porte. Nous sommes en deuil national.

Ces deux événements illustrent une réalité que nous connaissons tous : En tant qu’êtres humains, nous sommes capables du pire et du meilleur.

Comment nourrir notre capacité au meilleur ? Comment endiguer et désamorcer le risque du pire ?

A court terme, la destruction est toujours vainqueur. Il est facile d’attaquer lâchement et par surprise. Aucune gloire à cela. Il est criminel de faire le jeu des terroristes. Continuons à ignorer le nom de ces pseudos combattants. Appliquons l’injonction d’ « effacer le nom d’Amalec ».

A long terme, la relation et l’éducation sont toujours vainqueurs. Depuis 3000 ans, notre peuple a eu l’occasion de le prouver. Nous étions minian, ce matin, à la synagogue. Nous avons fait un office écourté par respect pour les forces de l’État qui le demandait. Appliquons l’injonction de rester « tissés dans le réseau de la vie », actifs, prenant soin de nous, de notre prochain, de l’étranger, restons vraiment vivants.

Notre office de ce matin réaffirmait les valeurs pour lesquels nous militons personnellement depuis des années : L’égalité entre les hommes et les femmes, le lien indissociable entre la tradition et la modernité, le lien entre la prière/le spirituel et l’action dans la cité, la suprématie de l’éducation, de la vision à long terme, et de la paix.

Ne laissons pas la peur faire événement. Le vrai héroïsme seul mérite le devant de la scène.

L’héroïsme est une bataille quotidienne, un travail d’éducation et de non-violence, à mener patiemment en notre for intérieur et dans nos relations avec les autres.

L’héroïsme est celui de ces Justes que la LICRA célébrera le dimanche 22 novembre, c’est le tweet « portes ouvertes », c’est les centaines de personnes qui sont allées donner spontanément leur sang, c’est la mise en avant de la culture avec la ‘Journée de la Culture, du Livre juif et du Shalom’ prévus pour dimanche prochain au MJLF, c’est le téléphone que nous décrochons pour soutenir nos proches et pour renforcer les liens, c’est le téléphone que nous raccrochons, pour recréer une atmosphère d’intimité dans nos foyers, c’est notre détermination à défendre notre identité française en tant que garante des libertés fondamentales.

Jean Jullien, "Peace for Paris"Aujourd’hui, nous sommes tous unis dans ce combat, en une grande « armée de paix », « tséva chalom ouménouHa ».

Nous continuerons à donner du sens à notre vie en nous battant pour la paix intérieure, la fierté de notre identité de juifs et de français, notre âme de défenseurs et de défenseuses de la liberté et de la République.

Certains nous prennent pour cible pour ce que nous représentons.

Personne n’a le pouvoir de nous transformer en victimes car nous sommes avant tout des militants solidaires.

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Ce samedi, j’ai conclu ces quelques mots par les deux phrases suivantes:
« Je suis fière de faire partie de cette action qui est la nôtre.
Merci pour cette collaboration qui donne du sens à ma vie. »
En effet, il me tient à coeur de m’appuyer sur le présent et sur le sentiment de collaboration, cela m’aide a faire face.
Ces deux phrases étant d’une nature un peu différente, je les mets maintenant en retrait. …

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Pour approfondir la question du danger du positionnement victimaire: Une émission de Boris Cyrulnik sur France Inter à écouter ici

A propos de « ZaHor » et d’effacer le nom d’Amalek, un article ici

A propos d’être « tissés dans le réseau de la vie » , il s’agit d’une expression utilisée entre autres dans la prière « el malé raHamim » récitée lors de l’enterrement et du Yzkor pendant les fêtes. On y formule le vœu que « son âme soit tissée dans le réseau de la vie », reste une référence de vie pour les proches.

Le premier sens de Hanouka: la fête de la lumière universelle

En ce jour de Roch Hodech Kislev, voici un petit article sur Hanouka sorti de mes tiroirs et toujours d’actualité… חודש טוב לכלם

Hanouka, entre toutes les fêtes, illustre l’attachement du peuple juif à sa tradition, une tradition de vie, porteuse de vie, adaptée à nos vies.

Absente de la Bible, à peine évoquée dans la michna, Hanouka nous apparaît pour la première fois dans le Talmud. Une braïta (source tanaïtique), citée dans le traité chabat du Talmud babylonien (21b) présente le lien entre la célébration et l’allumage de bougies.

Hanouka est, selon le talmud lui-même, originé dans un phénomène naturel impressionnant : le raccourcissement des jours. Il est essentiel de se mettre dans la peau des générations précédentes. L’amoindrissement de la luminosité et du temps d’exposition au soleil nous influence tous, parfois de façon imperceptible ou subliminale. Il nous est facile aujourd’hui, pour peu que nous en prenions conscience, d’allumer une lampe ou une bougie. La situation était toute autre dans le passé. L’absence de l’électricité rendait l’éclairage très difficile, très fragile et très peu confortable. La lumière vacillante des bougies elle-même constituait un luxe. Le Talmud va jusqu’à poser la question du choix à opérer si on ne dispose pas de l’argent nécessaire pour se procurer à la fois les bougies de Hanouka et le vin du kidouch du chabat !

Lorsque petit à petit, dans notre univers physique, dans notre univers familial, dans notre univers personnel, la lumière diminue, il est important d’en prendre conscience. C’est le premier message de Hanouka.

Cette prise de conscience, pourtant, peut faire peur. Le talmud fait remonter cette première angoisse à Adam Harichon, le premier humain. Voyant les jours raccourcir, torturé de culpabilité face à la faute qui l’avait chassé du jardin d’Eden, Adam vit sa fin venir. Il s’imagina disparaître dans l’obscurité, poursuivi par la faute de la consommation du fruit de l’arbre de la connaissance. Il entreprit alors, nous dit le Talmud, de jeûner et de prier. Quand vint l’époque du mois de tévèt, il observa le rallongement des jours, il se dit qu’il s’agissait du fonctionnement normal du monde, et se consacré à huit jours de fête (avoda zara 8a). C’est avec la renaissance des jours qu’Adam pu reprendre sa vie. C’est ainsi que naquit la fête. La première origine de la fête serait liée à la nature, et à son influence sur nos sentiments et comportement.

Allumer les lumières de Hanouka permet de nous situer en harmonie avec la nature, sans nous laisser dominer par elle, de ne pas laisser nos jours se raccourcir et notre univers se réduire comme une peau de chagrin.

Au contraire, connaître la nature nous permet d’anticiper son cours et de nous prémunir de ses atteintes, de nous nourrir de ses offrandes. Dans ce premier sens, Hanouka est une fête universelle, c’est la fête des lumières, accompagnée par les guirlandes laïques et chrétiennes qui accompagnent elles-aussi l’obscurité de l’hiver….

Hanouka a également un sens spécifique à l’identité juive, nous l’évoquerons dans les prochains jours.

5 notions juives contre l’oppression

(écrit en septembre 2010, pour l’association « Terre des femmes » sur la question de la relation entre les religions et l’oppression des femmes, partie II: l’oppression dans les sources juives)

A côté de cet aspect universaliste, le peuple juif célèbre son nouvel an particulier à partir de la fête de pessaH. C’est à partir de cet évènement que la torah compte les mois. Il s’agit de la célébration de la fin de l’oppression.
Ainsi, la boucle est bouclée. L’alliance présuppose la liberté et la responsabilité, l’histoire de l’alliance avec le peuple d’Israël part de la sortie d’Égypte, de la victoire contre l’esclavagisme.
Ceci pourrait n’être que des mots. Pour que l’idée de liberté entre et s’ancre à travers l’histoire, il en faut plus. Il est facile de décrier l’oppression dont on est victime, difficile de renoncer ou même de se rendre compte de l’oppression dont on est auteur.
Ceci est une tendance humaine universelle : nous voyons mieux ce qui nous gêne que ce qui gêne autrui.
Hillel, ce grand sage du talmud, reprenait la célèbre parole de la torah :

« Ne te venge ni ne garde rancune aux enfants de ton peuple, mais aime ton prochain comme toi-même: je suis l’Éternel. » (Lévitique 19:18 )

L’amour du prochain se fonde, nous enseigne la tradition orale, l’enseignement des sages de l’époque talmudique, sur le respect d’une éthique qui dépasse les conceptions individualistes : tel est le sens du « je suis l’Eternel ». Il veut dire, entre autre : ta finalité n’est pas en toi-même, tu ne dois pas agir uniquement en fonction d’un intérêt personnel, mais en fonction de principes qui te dépassent.

L’Éternel, adonaï ici, vient comme contrepoids à la tendance à l’oppression.
Opprimer au nom de dieu est impensable, et ceci n’en est qu’un petit exemple. Le mot lui-même que l’on dit « l’Eternel » en français, est appelé le tétragramme. Le tétragramme car il compte 4 lettres, lettres que l’on ne sait pas prononcer. On ne sait pas, et il est interdit de les prononcer. Le nom de dieu ne pouvait être prononcé qu’en des circonstances particulières, encore une fois des circonstances de jugement, lors d’un jour hautement solennel ; celui de yom kipour, ce même jour dont la préparation intense explique les fautes de frappe laissées dans ce texte et qui en rendent la lecture difficile.


Ainsi, le nom de dieu est imprononçable, et il est impensable qu’il soit détourné pour justifier des massacres.

D’après les dix commandements (dans la torah, livre de l’Exode et du Deutéronome), il est justement interdit d’en faire des représentations. Cet interdit permet de conserver une vision très abstraite de ce que peut être « « « dieu » » ». D’après ce que nous venons de voir, dieu est le principe au nom duquel il faut aimer son prochain que cela nous convienne ou non. Pour aller plus loin encore, il faut reprendre dans les 10 commandements, en hébreu les 10 paroles, la première, qui est comptée comme telle par les juifs alors qu’elle n’est qu’une forme introductive pour les chrétiens.
La voici :

« Je suis l’Éternel ton dieu qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage » (Exode 27:2; Deutéronome 5:6)

La façon dont l’Éternel se définit est dans son aspect libérateur du peuple juif.
De cet aspect libérateur nait un impératif juridique de non oppression sur lequel nous reviendrons dans un petit instant. Nous parlions de Hillel, sage du Talmud, qui reprenait à sa façon lévitique 19:18 (« Ne te venge ni ne garde rancune aux enfants de ton peuple, mais aime ton prochain comme toi-même: je suis l’Éternel. »)
Sa formulation était différente et d’une certaine façon plus facile à réaliser : « ne fais pas à ton prochain ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse ». Pour ancrer ce grand principe anti-oppression dans la réalité, il ne suffit pas de le répéter comme un mantra, il faut réfléchir à la façon de le mettre en pratique au quotidien.
Telle est l’attitude générale du judaïsme, telle est la raison pour laquelle il ne peut s’agir d’une religion seulement ou seulement d’un système philosophique, il s’agit de l’alliance d’un groupe de gens partageant des références et une histoire et étudiant la meilleure façon d’appliquer des principes moraux fondamentaux.
Hillel dit :

« Ne fais pas à ton prochain ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse, voici toute la Torah complète, le reste, ce sont des commentaires, va et étudie. » (Talmud Babylonien traité chabbat, 31b)

De façon très concrète, les 10 commandements prévoient le respect du chabbat, en souvenir de la création du monde et de la sorite d’Égypte. Il est remarquable que ces deux évènements soient mis en parallèle. Le monde n’a pas de sens sans la liberté. On dit, en conséquence :

Le septième jour est la trêve de l’Éternel, ton Dieu: tu n’y feras aucun travail, toi, ton fils ni ta fille, ton esclave mâle ou femelle, ton bœuf, ton âne, ni tes autres bêtes, non plus que l’étranger qui est dans tes murs; car ton serviteur et ta servante doivent se reposer comme toi.
(Deutéronome 5 : 11-14)

(suite: Et tu te souviendras que tu fus esclave au pays d’Égypte, et que l’Éternel, ton Dieu, t’en a fait sortir d’une main puissante et d’un bras étendu; c’est pourquoi l’Éternel, ton Dieu, t’a prescrit d’observer te jour du Sabbat.)

Vous êtes peut-être choqués par la mention de la notion d’esclave, et je comprends cela très bien. L’esclavage n’aurait jamais du exister, le début de son abolition au début du 18iem siècle est bien tardif, et il n’est pas encore éradiqué. (note: En 2001, la loi Taubira introduit la notion de Crime contre l’Humanité pour ce qui concerne l’esclavage et la traite humaine).

Ici, les « esclaves » sont mentionnés dans un but particulier : celui d’ordonner qu’ils aient un jour de congé hebdomadaire. Cette prescription n’est pas la seule, et s’inscrit dans une série de « droits de l’esclave » qui est plus proche du droit du travail actuel. Nous comprenons néanmoins à travers cet exemple deux choses :
1 comment l’idée du refus de l’oppression s’est trouvé ancré dans une disposition juridique concrète pour la protéger et assurer sa mise en œuvre.
2 comment le système juif fonctionne en mettant en place un système juridique, qui n’est jamais sec, mais toujours vivant, plein d’amour des humains, au service de la justice.

Bien sûr, ceci n’est pas toujours le cas, comme tout système humain, il a ses problèmes et ses abus, ses dérives.
C’est une aspiration et une tentative à laquelle nous ne renonçons pas.
Nous voulons encore étudier ces principes et apprendre à les mettre en œuvre. Vous comprenez sans doute mieux, je l’espère, les raisons pour lesquelles je ne peux pas être présente physiquement parmi vous malgré mon soutien aux entreprises qui refusent l’oppression (note: ce texte a été écrit pour une association qui m’invitait à un colloque un chabbat).

Pour conclure sur le chabbat, vous constatez que, heureusement, le gender féminin n’est pas exclu de l’interdiction de travailler et de faire travailler qui revient à l’autorisation de se ressourcer tous ensemble, hommes, femmes, « maîtres » et « esclaves ». Le chabbat est le temps de la création du lien social et les femmes y participent au même titre que les hommes, de même qu’elles ont reçu la torah et pris part à l’établissement de l’alliance avec eux au mont sinai.

Le mot oppression est certainement un mot fondamental du titre. Nous venons de voir que pour le judaïsme, tout nos efforts doivent se porter contre l’abolition d’une oppression qui a tendance à s’installer dans les relations humaines. Il ne suffit pas de refuser de faire à notre prochain ce que nous contestons nous-mêmes, il faut étudier et mettre en place un cadre qui soutienne cette belle intention.

Et faire encore un pas en avant en cherchant ce qui peut nous mener au bonheur d’être ensemble…

(Un prochain article reprendra la suite de mon intervention en se concentrant sur la situation des femmes.)

Les enfants Israéliens de toutes religions veulent faire entendre leur voix!

Communication non violente et écoute de l'autre pour la pais à JérusalemL’association Kids4Peace est un mouvement de jeunesse interreligieux en Israël.
Ils ouvrent la voie du courage, et nous redonnent espoir…
Ils se réunissent depuis 13 ans et mettent en place un programme de formation à la paix et à la non-violence sur 6 ans pour des jeunes israéliens juifs, chrétiens et musulmans et pour des jeunes palestiniens de Jérusalem-est, chrétiens et musulmans.
En ces temps très douloureux, voici le message qu’ils ont publié sur leur Blog traduit en français par mes soins.
Que ce message nous incite au courage et à la promotion de la paix partout où nous en avons le pouvoir, famille, amis, parents, enfants, communautés, et communauté nationale!

Élever nos voix, un message de Kids4peace 

Dans les temps tourmentés, il est parfois difficile de trouver les mots justes.

Nous pleurons. Nous prions. Nous ne savons pas quoi dire ni quoi faire. La violence qui se répand sur Jérusalem a emplit les rues de souffrance et de peur. Cela pourrait nous laisser paralysés et sans voix.

En tant que communauté de Palestiniens et d’Israéliens, réunis à des amis du monde entier, nous ressentons la peine des deux côtés comme peu de gens la perçoivent.

Nous avons appris à avoir confiance et à nous respecter mutuellement. Nous nous raccrochons à notre humanité commune, notre espoir de paix, notre refus de la violence, et notre engagement indestructible à voir le sacré, l’image de Dieu, dans chaque être humain, même s’il est notre ennemi.

C’est une bénédiction et un poids.

Nous ne pouvons pas répéter les slogans simplificateurs de notre propre camp. Nous ne pouvons pas démoniser l’autre. Nous savons que la violence ne peut qu’amener davantage de souffrance et de douleur.

Mais nous savons également que la violence que nous voyons maintenant, appartient à une réalité plus vaste de désespoir et de découragement. Le manque de sécurité, d’égalité et de justice de tout le peuple de Jérusalem nourrit la haine, incite à l’extrémisme et nous éloigne de la paix à laquelle nous aspirons. Et, plus douloureux que tout, nous voyons des enfants, des enfants qui ressemblent à nos jeunes, prisonniers de ce cycle de la souffrance.

Nous sommes en colère, nous avons peur, mais nous ne nous laisserons pas submerger par la spirale des accusations et des représailles.

Nous devons proposer une alternative.

Face à tant de peur, alors que même sortir de nos maisons devient une question de vie ou de mort, nous nous sentons appelés à prendre la direction des événements et à construire notre futur. Le futur commence maintenant, alors que nous nous réunissons, pour parler, pour pleurer, pour prier, pour écouter et pour nous connecter profondément et honnêtement la vie des autres

Pour comprendre comment le confit détruit les familles Palestiniennes et Israéliennes. Pour ressentir les craintes et les luttes qui sont à la racine de notre douleur. Pour faire face au mal qui est commis dans notre propre camp, pas dans le camp des autres.

Pour prendre la responsabilité de notre avenir.

Première étape, nous allons nous parler.

1 – Dans les prochains jours, Kids4Peace l’équipe et les parents vont se rencontrer, en personne et virtuellement, pour se reconnecter à nos sœurs et nos frères au-delà des lignes tracées par le conflit. Ce sera dur mais nous sommes prêts.

2 – La semaine prochaine, quoi qu’il arrive, nous allons mettre en place notre programme d’automne comme nous l’avons planifié. Plus de 120 jeunes faiseurs de paix ont prévu de se rencontrer pour parler, apprendre et agir. Si cela est possible d’un point de vue sécuritaire, nous le ferons en personne. Sinon, nous nous rencontrerons en ligne, sur Facebook, dans des maisons, et partout où cela sera possible.

Rien ne sera annulé. Rien de sera détruit.

Nous allons trouver ensemble un chemin pour avancer.

Deuxième étape, nous allons porter notre message à la communauté – élever nos voix avec force et puissance pour défendre le changement.

Ensuite, nous allons rejoindre nos partenaires, dans d’autres organisations de la paix, pour élever nos voix et mobiliser dans une campagne pour un changement réel.

Alors que nous aspirons à rompre ce cycle de la violence, nous ne pouvons pas non plus revenir au statu quo. La division, le désespoir, la haine, la peur et l’injustice, cela ne peut pas être notre futur.

Nos jeunes adultes prendront la direction des événements, à travers le Dialogue pour une initiative d’action, notre dernier effort pour mettre nos valeurs en pratique à travers un changement social non violent.

Nous allons tous travailler, nuits et jours, cœur et âme, dans une campagne intense pour influencer nos pairs et nos leaders politiques et pour promouvoir une vision du futur qui reflète nos valeurs en tant que chrétiens, juifs et musulmans, et en tant que personnes de bonne volonté venant de tous les horizons, à Jérusalem et dans le monde.

Nous allons développer à nouveau nos programme éducatifs, faire acquérir à nos jeunes des capacités de plaider, d’organiser un changement non violent ainsi que des qualités d’écoute bienveillante et de dialogue.

Nous allons augmenter notre engagement pour connaitre, dans tous les détails, la réalité de l’autre côté, et pour prendre au sérieux notre responsabilité vis-à-vis de l’autre.

Nous allons élever nos voix.

Un par un et tous ensembles, pour donner vie à un mouvement de changement.

Et nous allons avoir besoin de l’aide de tous pour avancer, pour travailler, pour prier et pour donner, d’une façon plus audacieuse que jamais auparavant.

Voir le site de Kids4Peace sur ce lien

3 citations universelles fondatrices de la dignité humaine (judaïsme, femmes, oppression partie 1)

(écrit en septembre 2010, pour l’association « Terre des femmes » sur la question de la relation entre les religions et l’oppression des femmes, partie I: l’oppression dans les sources universelles)

La question de l’oppression est une question à laquelle nous sommes toutes et tous sensibles. Les relations de pouvoir s’installent trop souvent dans les relations humaines.

Nos pensées occidentales sont globalement d’accord pour rejeter l’oppression, défendre le droit de chacun à l’autonomie, c’est-à-dire à dicter lui-même sa propre norme, dans le cadre, toutefois, du contrat social.

Ainsi, la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, qui aurait également du être celle de la femme et de la citoyenne, prévoit que :

Art. 6. – La Loi est l’expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.

Pourtant le suffrage universel masculin n’est véritablement installé en France par exemple qu’en 1848. Auparavant, le suffrage est censitaire, le droit de vote dépend du pouvoir financier du citoyen. Le suffrage universel réel (incluant les femmes) ne sera adopté qu’en 1944.

La loi est l’outil de la justice, et avec la pensée des lumières, la garante des droits subjectifs, des droits individuels, tels le droit de vote, le droit de penser librement et celui d’exprimer ses pensées, le droit à la propriété, le droit à la sécurité de sa personne, à la libre circulation etc…

Avant le mouvement des lumières, la notion d’oppression était perçue de façon différente, personne ne s’élevait contre la division du corps social entre le clergé, la noblesse et le tiers état. L’inégalité semblait normale. L’exploitation des « serfs » et leur rang inférieur n’étaient pas considérées comme des oppressions, le terme lui-même n’existait pas. Lorsque la France prend pour devise :

« liberté, égalité, fraternité »

 

 

 

, elle met en avant des valeurs tout à fait novatrices comparées à celles du moyen-âge.

Je ne suis pas une spécialiste en histoire des idées, loin de là, mais il est important de resituer les concepts dans leur contexte.

Nous allons maintenant nous pencher sur la tradition juive elle-même.

Le judaïsme est un univers, un mode de vie, un mode de pensée davantage qu’il n’est une religion.
Pour comprendre la façon dont le judaïsme considère les femmes, il faudrait d’abord connaître sa façon globale de fonctionner.

L’idée centrale du judaïsme est l’idée d’alliance.
Une alliance est un contrat passé entre deux contractants.
Le passage d’un contrat présuppose la capacité des signataires, leur responsabilité, leur compréhension du sens de leur engagement. Le contrat nécessite d’une part la liberté et d’autre part l’intelligence.
La Torah, l’enseignement écrit, la première partie du TanaH, qu’on appelle en français le pentateuque, et dont la traduction en français a donné dans le monde chrétien l’ancien testament, présente les relations entre l’humanité et le personnage divin de la Torah comme une alliance : celle entre Noé et le Créateur.

« Et moi, je veux établir mon alliance avec vous et avec la postérité qui vous suivra » (Génèse 9:9)

 

 

Il est clair dans ce contexte que la liberté et l’intelligence sont des vertus accordées à l’humanité (il reste encore un long chemin avant que nous puissions prétendre avoir accompli ce potentiel prometteur mais souvent oublié…).
On notera au passage que ces qualités ne sont pas, d’après la tradition juive, le propre du peuple juif. L’idée est celle d’une responsabilité globale de l’humanité face à la planète et à son utilisation comme base d’une société éthique. Nous fêterons dans quelques jours la fête de Roch hachana, qui célèbre l’anniversaire de la création du monde et de la création de l’homme et qui en tant que telle est un appel à la responsabilité humaine, un jour de jugement ou chacun doit faire le bilan de ses actes en tant qu’humain (théoriquement, juifs et non juifs) et en tant que groupe humain.

(Un prochain article reprendra la suite de mon intervention en se concentrant sur le judaïsme et la lutte contre l’oppression.)