Liberté Égalité Fraternité – Solidarité

Alors que les élections sont à nos portes, je prends le temps de vous rappeler la définition qu’Edmond Fleg donne de la victoire:
« Lorsque, rendus dés longtemps aux fraternités des peuples, nous aurons fait avec toi, avec tous les hommes, sur toute la terre, toute la paix, dans toute la justice, alors, seulement, Éternel notre Dieu, roi du monde, assez pour nous! » Voyez également  les quelques mots très forts de Danielle Cohen, Présidente du MJLF sur ce lien.
Et de mon côté, je soumets à vos réflexions ces quelques pensées sur l’entraide, que j’ai eu la chance de partager dans le magazine l’Appel. Encore une nouvelle façon d’affirmer que toutes les dignités humaines sont égales et imprescriptibles.

La charité est-elle encore d’actualité ?

Alors que nos conditions de travail ou celles de nos proches sont parfois de plus en plus précaires, nous pouvons être tentés de nous démarquer des personnes déclassées pour entretenir l’illusion que « c’est de leur faute », et que, « puisque nous, nous sommes des gens biens », nous ne courrons pas ce type de risque.

Pourtant, selon la Bible, c’est l’attitude opposée qui peut valablement nous rassurer. Mieux vaut nous associer les uns aux autres, en mutualisant les risques :

« Si l’un d’eux tombe, son compagnon pourra le relever; mais si un homme isolé tombe, il n’y a personne d’autre pour le remettre debout. » [1]

Mais quel est précisément le sens de l’aide à autrui ? La notion de « charité » n’implique-t-elle pas une vision paternaliste qui valorise le donneur tout en rabaissant celui qui reçoit ?

Pour la loi et la conscience juive, aider son prochain peut être considéré comme un diamant à plusieurs facettes : la Guemilout Hassadim (donner des bienfaits), le Maasser (dîme) et la Tsédaka (don d’argent).

Les Pirké Avot nous enseignent que : « Le monde repose sur trois piliers : la Torah (l’étude des textes), le Avoda (la prière) et la Guemilout Hassadim. » [2] Faire du bien à son prochain a donc une portée collective, l’enjeu est en réalité le sens même de la Création.

Par ailleurs, la michna présente cette même notion de guemilout Hassadim sous un angle différent : « Voici les commandements dont nous touchons les fruits dans ce monde et dont le rayonnement se poursuit dans le monde futur: le respect de ses parents, la guemilout Hassadim, rétablir la paix entre les gens, et l’étude de la Torah équivaut à tous ces commandements. »[3] La générosité est considérée ici comme profitable à l’individu, à court et long terme[4].

Le don offre également une opportunité d’expression de notre générosité naturelle dans le cadre des « commandements qui n’a pas de mesure », une expression de notre sentiment citoyen à travers la dîme[5], une occasion de nous rassurer sur notre puissance à corriger un monde qui parfois nous échappe[6].

Les connotations condescendantes parfois associées à l’idée de « charité » ne sont donc pas adaptées à la vision juive de l’entraide.

En revanche, l’étymologie du terme renvoie au mot « chérir » en français, au mot « care » en anglais, à une attitude de soucis pour l’autre. Dans cette acception, la charité, la « Tsedaka » est comprise dans sa racine commune avec le mot « Tsédek » (justice). Donner à l’autre revient à rétablir la justice.

Celui qui donne et celui qui reçoit accomplissent ensemble le même commandement : celui de limiter les injustices dues aux aléas de la vie, celui de donner à chacun une chance réelle d’exister dignement dans la société humaine.

On raconte qu’aux temps où le Baal Chem Tov vivait de dons, il frappait aux portes pour signaler « il y a ici un nécessiteux » et passait son chemin, forçant ainsi le donneur à le poursuivre. Interpelé sur cet étrange comportement, il répondait : « J’ai fait ma part en demandant, à toi de faire la tienne en me rejoignant ! »

Cette histoire illustre le fait que nous partageons la même dignité. Le problème de la pauvreté n’est pas celui des « pauvres », mais celui de notre société dans son entier.

[1] Ecclésiaste 4 :10

[2] Michna avot 1 :2

[3] Michna péa 1 :1

[4] Pour une approche neuroscientifique, voir https://www.franceinter.fr/emissions/sur-les-epaules-de-darwin/sur-les-epaules-de-darwin-23-novembre-2013

[5] Un dixième des revenus de la collectivité est attribué aux plus pauvres  tous les trois ans Deut.26 :12

[6] « La générosité sauve de la mort » Proverbes 10 :2, Babli Chabbat 156a

L’amour est-il encore d’actualité?

appel1articleLe magazine « l’Appel » est un magazine chrétien qui s’intéresse à l’actualité et au dialogue interconvictionnel. Il m’a demandé une contribution pour les prochains mois. Voici ma contribution pour le numéro de février. Mon titre initial était « l’amour est-il encore d’actualité ».

L’un des initiateur de ce magazine est Gabriel Ringlet, avec lequel j’avais eu le plaisir de partager une cérémonie co-créée et une conférence au Prieuré Malèves Sainte Marie.

Pour télécharger l’article, cliquez sur le lien suivant: article l’appel: l’amour est-il encore d’actualité

Nous sommes le chant du monde… Dracha Tichri 5777

Chana tova à toutes et à tous! gmar hatima tova.

Pour Surmelin

chant roch hachana chagallQuelques heures avant Kipour, je partage ma dracha de Roch Hachana et vous souhaite à toutes et à tous une excellente année 5777, gmar hatima tova.

Un an encore a passé. 365 jours. 8760 heures. 525 600 minutes. Plus de 30 millions de secondes.

Un trésor précieux entre tous, de temps, de la vie, la vie.

Qu’avons-nous fait de ces instants ? Qu’avons-nous créé ? Qu’avons-nous pensé ? Que sommes-nous devenus ? Ces instants ne reviendront jamais.

Ce jour de roch hachana est le jour des comptes, le grand jour de la comptabilité de nos actions.

Reprenons chacune de nos secondes et voyons dans quelle colonne nous l’inscrivons.

Nos colères, où s’inscriront-elles ? Nos joies ? Nos satisfactions ? Nos frustrations ? Nos repos ? Tous ces sentiments légitimes, dont nous sommes les bergers et bergères ?

Dans quelle colonne s’inscriront-ils ?

Cette colère-là, était-elle un investissement ? un gâchis ? un apprentissage ? une nourriture émotionnelle ? un tremplin pour évoluer ? une nécessité périmée ?

Cette…

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Les voyages et leurs bénéfices virtuels (Paracha Massaé) (ou: Pokemon et plus encore!)

Je partage cette petite Dracha composée spécialement Chabbat dernier à l’occasion de mon passage au GIL, la synagogue libérale de Genève.

Dans le texte que nous venons de lire dans le sidour, il est question de voyages. Le voyage dans l’espace et le voyage dans le temps. Puisque nous disons que les voyages forment la jeunesse, il est intéressant de se demander en quoi ils nous aident à évoluer. Cette question est présente non seulement dans la Torah mais aussi dans toute l’histoire juive ; en effet, notre expérience en tant que peuple couvre  de vastes espaces dans l’histoire autant que dans la géographie. Cette même question se pose à chacun d’entre nous, lorsque nous traversons les différents âges de la vie, chaque fois que nous rencontrons des situations et des personnes nouvelles.

Pour moi qui suis justement en visite dans cette belle synagogue de Genève, la question est très présente. Je mesure également le temps écoulé depuis ma brève visite au moment de son inauguration, il y a un peu plus de 6 ans.

Et la question du voyage est à mes yeux apparentée la question de l’identité.

Le GIL ressemble beaucoup au MJLF, il est évident que nous sommes frères, que nous sommes de la même famille. Pourtant, il existe des nuances, des variantes plus ou moins perceptibles au niveau des pratiques et au niveau des airs. Ces différences m’interrogent. Où est la limite entre ce que j’identifie comme « semblable » et ce que j’identifie comme « différent ».

La question est pertinente aujourd’hui à différents niveaux, et on peut se demander si les identités religieuses par exemple nous rapprochent ou nous séparent. On peut se demander si les identités nationales nous rapprochent ou nous séparent.

Au-delà des éléments « objectifs » qui font notre ressemblance et notre différence, une autre chose compte encore plus : la façon dont nous répertorions ces différences. Les classons-nous dans la catégorie « un peu différentes mais nous sommes frères » ou dans la catégorie « pas mal différentes et nous sommes étrangers » ? Plus que la réalité, c’est notre lecture de la réalité qui fait la différence.

Alors que notre paracha parle justement de voyages, nous pouvons mentionner la très belle formule de Alfred Korzybski (mathématicien, ingénieur et philosophe) : « La carte n’est pas le territoire ». Il ne faut pas confondre la réalité et l’idée que nous nous en faisons.

Un texte de Lewis Carroll illustre cela avec beaucoup de fantaisie et de justesse :

« « C´est une autre chose que nous avons apprise de votre Nation, » dit Mein Herr, « la cartographie. Mais nous l´avons menée beaucoup plus loin que vous. Selon vous, à quelle échelle une carte détaillée est-elle réellement utile ? »

« Environ six pouces pour un mile. »

« Six pouces seulement ! » s´exclama Mein Herr. « Nous sommes rapidement parvenus à six yards pour un mile. Et puis est venue l´idée la plus grandiose de toutes. En fait, nous avons réalisé une carte du pays, à l´échelle d´un mile pour un mile  ! »

« L´avez-vous beaucoup utilisée  ? » demandai-je.

« Elle n´a jamais été dépliée jusqu´à présent », dit Mein Herr. « Les fermiers ont protesté : ils ont dit qu´elle allait couvrir tout le pays et cacher le soleil  ! Aussi nous utilisons maintenant le pays lui-même, comme sa propre carte, et je vous assure que cela convient presque aussi bien. »

Ainsi, il est simple de confondre le territoire et sa carte, le réel et la signification que nous lui donnons. Mais ce serait une erreur. La sentence de Korzybski bien sur métaphorique, comme l’histoire de Lewis Caroll.

Notre paracha de la semaine, Massaé, retrace le déplacement des enfants d’Israël pendant les 40 ans du désert. Pourquoi ce « retour sur carte » ? Pour Rachi, ce récapitulatif est fondamental. Il permet non seulement de rappeler les détails pratiques de l’histoire, mais surtout de leur donner un sens. Chaque aventure est un enseignement qui doit être pris en compte.

Nous nous rappelons que les 40 ans d’errance dans le désert sont liés au refus des enfants d’Israël d’entrer en terre de Canaan. On pourrait penser que ces 40 ans auraient eu un caractère punitif. Rachi souligne au contraire la bienveillance permanente de Dieu. Sur les 42 étapes, 22 se sont déroulées pendant la première et la dernière année. Les 20 restantes ont donc permis de longues pauses, de deux ans en moyenne, laissant ainsi aux enfants d’Israël le temps de s’installer, de se poser. Ce récapitulatif est une déclaration d’amour. Rachi mentionne la parabole des sages, comparant cela à l’histoire de ce roi qui a voyagé avec son fils malade. Une fois celui-ci sorti de sa fièvre, le roi tient à lui redonner conscience des chemins qu’il a parcourus dans un demi sommeil : « Ici nous avons dormi, ici nous nous sommes rafraîchis, ici tu as eu des maux de tête, etc. »

De même, les péripéties de nos vies ont un sens, au-delà de leur simple « cartographie », et il nous appartient de nous en saisir.

En ces temps de furie de « Pokémon Go », une petite comparaison estivale peut nous permettre de dire qu’au-delà de la réalité matérielle, il existe une réalité virtuelle, y a toujours un « Pokémon » ou un « cadeau virtuel » dont nous pouvons nous saisir si nous prenons la peine de le voir.

Ainsi, lorsque nous prenons la peine de voir plus loin que la « carte » pré-écrite dans nos têtes, nous pouvons saisir les cadeaux que nous offrent les expériences de la vie, les voyages se mettent à former notre jeunesse, nous apprenons beaucoup des ressemblances et des différences de l’autre. Dans la confrontation à la vie et à l’autre, nous apprenons à mieux connaitre notre identité propre.

Le Rabbin Garaï soulignait la semaine dernière notre capacité en tant que juifs libéraux de ne pas nous identifier à notre tradition de façon fondamentaliste, mais à adopter parfois un regard distant qui permet la réflexion. Tel est également l’un des enseignements de notre Paracha. Que nous gardions toujours cette capacité de distanciation et de réinterprétation du réel, en particulier en ce jour de repos qu’est ce beau chabbat que nous partageons.

Chabbat Chalom

Seder express: pour préparer son seder familial

Une vidéo et une mini hagada pour se lancer pour un seder familial à la maison…

Pour Surmelin

Bonjour à toutes et à tous,

Faire le seder chez soi est une expérience extraordinaire.
On peut y passer toute la nuit, comme Rabbi Akiva, Rabbi Tarfon, Rabbi Eleazar ben Azaria and co., en rajoutant des questions d’actualité (dans quels pays se bat-on aujourd’hui pour la liberté?), des questions éternelles et philosophiques (qu’est-ce que la liberté? la liberté politique? la liberté de se changer soi-même? comment peut-on l’atteindre? etc….), ou de nombreux chants.
On peut aussi faire des versions simplifiées qui permettent de se lancer pour un premier seder et de mettre le seder à la portée des enfants.
Pour cela, nous avons préparé pour vous deux outils: Une hagada courte et très simplifiée que vous pouvez télécharger ici:
hagada simplissime à télécharger
Une vidéo qui vous montre comment utiliser cette hagada et comment apprendre les chants:

Bonne lecture, bonne écoute, et bon seder.
Ce vendredi à 18h45, office abrégé…

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Hanouka: un message d’espoir historique et légendaire

Hanouka a également une raison historique, souvent ignorée. Les livres des Machabées, livre apocryphe qui ne nous est parvenu qu’à travers la traduction des septante retrace l’épopée des makabim, de Matatiahou et de ses fils, leaders de la révolte. Il y est relaté qu’une fois le temple reconquis et remis en état, chacun a regretté de n’avoir pu y célébrer la fête de soukot. Le deuxième livre des makabim raconte :

« Ils ont célébré dans la joie, huit jours comme la fête de soukot, se souvenant que quelques temps auparavant ils avaient passé les jours de soukot dans les montagnes et les cavernes comme des animaux. Pour cette raison ils ont décoré avec des bâtons et des branches qu’on pouvait trouver à cette saison et avec des palmiers dattiers ils ont loué Dieu qui avait soutenu leur action dans la purification de son sanctuaire. » (makabim II, 10 :6-7)

La deuxième origine de la fête est donc historique. La situation de Sion comme terre conquise et les conditions de la révolte avaient empêché la célébration de soukot. Notre peuple, qui ne renonce jamais, a su recréer cette fête avec les moyens du bord, hors saison. Notons au passage que ce « soukot chéni » n’a pas pu obéir aux règles habituelles de la fête. Cela n’a pas empêché le peuple de la célébrer et de témoigner ainsi son amour pour la tradition. C’est une deuxième leçon de la fête : ne jamais renoncer, ne pas se laisser démoraliser par l’impossibilité de célébrer nos fêtes, tenter de « reconquérir le sanctuaire » en réunissant les conditions qui nous permettrons de poursuivre notre tradition, et, lorsque le sanctuaire est reconquis, ne pas l’ériger en vérité pétrifiée et idolâtre, mais témoigner de notre amour pour la tradition de façon créative.

 

Hanouka, et cette partie de l’histoire est la plus connue, possède également un fondement légendaire, psychologique et symbolique. Il s’agit du miracle de la fiole d’huile, qui a permis à la ménora (lampe à sept branches utilisée au temple) de brûler pendant huit jours avec une toute petite quantité d’huile. Ainsi, une sorte de ménora à huit branches (comme les huit jours de hanouka) plus chamach, que l’on nomme « Hanoukia », a fait son apparition au quatrième siècle. Encore une fois, il s’agit de ne pas se laisser décourager par la petitesse de nos moyens.

Si nous n’avons qu’un peu d’huile, utilisons-là, partageons cette lumière, laissons là nous éclairer, et elle ne viendra pas à s’éteindre.

Pour cette année, nous pouvons retenir de cette fête si belle et si simple trois qualités qui nous accompagneront pendant ces huit jours, et espérons-le au delà : la lucidité et la conscience, la créativité dans l’expression de notre amour, l’espoir.

We are not victims, we are activists!

Thanks to my friend Len Muroff who initiated the translation of this article and who helped me doing it!

Last Friday, we were over 60 people at our east Paris synagogue for an interfaith dinner that allowed us to create direct links with women, men and children of all religious and philosophical backgrounds.

Charonne, 14/11/2015, 21h

Charonne, 14/11/2015, 21h

This past Friday while returning from synagogue, we heard the sirens of police and ambulances. Now, we are sad and shocked that human stupidity could make so many victims. We are in national mourning. We feel so powerless.

Both events illustrate a reality that we all know: As humans, we are capable of the worst and the best.

How can we increase our ability to bring out our best? How can we contain and defuse the risk of bringing out the worst?

In the short term, the destroyers may seem to be the winners. It is easy for cowards to attack by surprise. No glory in that. It would be criminal to add to the notoreity of the terrorists. We must continue to ignore their names. We must apply the injunction to « erase the name of Amalek.

Our service the morning after, was infused with values which we have been struggling for years: Equality between men and women, the inseparable link between tradition and modernity, the collaboration between prayer/spirituality and civic activism, the supremacy of education and peace.

In order to remain truly engaged, we must apply the injunction to remain « woven into the web of life”, we have to be active: we must take care of ourselves, our neighbors, and the strangers, in order to be truly alive.

Let fear not be the hero here. Let us focus the light on real heroism.

Heroism is a daily battle, it is the work of education and non-violence, which we must engage in patiently for ourselves personally and apply to our relationships with others.

juifs multiculturels...

Jews from different times and places (Beth Hatefutsot)

Heroism is represented by the Righteous Among the Nations that LICRA (International League Against Racism and Anti-Semitism) which we will celebrate on November 22nd, Heroism is found in the tweet « Open doors » (people opened their doors to welcome people fleeing from the terrorists). Heroism is the hundreds of people who went voluntarily to donate blood, Heroism is the ability to pick up the phone to support our families and to strengthen ties, Heroism is the ability to put down the phone when it’s time to recreate an intimate atmosphere in our homes, Heroism is our determination tos defend our French identity as the guarantor of fundamental freedom.

Today we are all united in this fight, a great « army of peace », « tséva shalom ouménouHa ».

We will continue to give meaning to our lives by fighting for inner peace, by being proud of our Jewish and French identities, to defend freedom and the Republic.

Some people make us a target for what we represent.
Nobody has the power to make us into victims, because in reality we are truly solidarity activists.

Thanks to everyone for the daily collaboration that gives meaning to my life.

Rabbi Floriane Chinsky

Nous ne sommes pas des victimes, nous sommes des militants !

Vendredi dernier, nous étions plus de 60 à la synagogue pour un dîner interconvictionnel qui nous a permis de créer des liens directs avec des femmes, des hommes et des enfants de toutes traditions religieuses et philosophiques.

Ce vendredi en revenant de la synagogue, nous avons entendu les sirènes de la police et des ambulances.Nous sommes tristes et choqués que l’imbécilité humaine ait pu faire autant de victimes, à notre porte. Nous sommes en deuil national.

Ces deux événements illustrent une réalité que nous connaissons tous : En tant qu’êtres humains, nous sommes capables du pire et du meilleur.

Comment nourrir notre capacité au meilleur ? Comment endiguer et désamorcer le risque du pire ?

A court terme, la destruction est toujours vainqueur. Il est facile d’attaquer lâchement et par surprise. Aucune gloire à cela. Il est criminel de faire le jeu des terroristes. Continuons à ignorer le nom de ces pseudos combattants. Appliquons l’injonction d’ « effacer le nom d’Amalec ».

A long terme, la relation et l’éducation sont toujours vainqueurs. Depuis 3000 ans, notre peuple a eu l’occasion de le prouver. Nous étions minian, ce matin, à la synagogue. Nous avons fait un office écourté par respect pour les forces de l’État qui le demandait. Appliquons l’injonction de rester « tissés dans le réseau de la vie », actifs, prenant soin de nous, de notre prochain, de l’étranger, restons vraiment vivants.

Notre office de ce matin réaffirmait les valeurs pour lesquels nous militons personnellement depuis des années : L’égalité entre les hommes et les femmes, le lien indissociable entre la tradition et la modernité, le lien entre la prière/le spirituel et l’action dans la cité, la suprématie de l’éducation, de la vision à long terme, et de la paix.

Ne laissons pas la peur faire événement. Le vrai héroïsme seul mérite le devant de la scène.

L’héroïsme est une bataille quotidienne, un travail d’éducation et de non-violence, à mener patiemment en notre for intérieur et dans nos relations avec les autres.

L’héroïsme est celui de ces Justes que la LICRA célébrera le dimanche 22 novembre, c’est le tweet « portes ouvertes », c’est les centaines de personnes qui sont allées donner spontanément leur sang, c’est la mise en avant de la culture avec la ‘Journée de la Culture, du Livre juif et du Shalom’ prévus pour dimanche prochain au MJLF, c’est le téléphone que nous décrochons pour soutenir nos proches et pour renforcer les liens, c’est le téléphone que nous raccrochons, pour recréer une atmosphère d’intimité dans nos foyers, c’est notre détermination à défendre notre identité française en tant que garante des libertés fondamentales.

Jean Jullien, "Peace for Paris"Aujourd’hui, nous sommes tous unis dans ce combat, en une grande « armée de paix », « tséva chalom ouménouHa ».

Nous continuerons à donner du sens à notre vie en nous battant pour la paix intérieure, la fierté de notre identité de juifs et de français, notre âme de défenseurs et de défenseuses de la liberté et de la République.

Certains nous prennent pour cible pour ce que nous représentons.

Personne n’a le pouvoir de nous transformer en victimes car nous sommes avant tout des militants solidaires.

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Ce samedi, j’ai conclu ces quelques mots par les deux phrases suivantes:
« Je suis fière de faire partie de cette action qui est la nôtre.
Merci pour cette collaboration qui donne du sens à ma vie. »
En effet, il me tient à coeur de m’appuyer sur le présent et sur le sentiment de collaboration, cela m’aide a faire face.
Ces deux phrases étant d’une nature un peu différente, je les mets maintenant en retrait. …

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Pour approfondir la question du danger du positionnement victimaire: Une émission de Boris Cyrulnik sur France Inter à écouter ici

A propos de « ZaHor » et d’effacer le nom d’Amalek, un article ici

A propos d’être « tissés dans le réseau de la vie » , il s’agit d’une expression utilisée entre autres dans la prière « el malé raHamim » récitée lors de l’enterrement et du Yzkor pendant les fêtes. On y formule le vœu que « son âme soit tissée dans le réseau de la vie », reste une référence de vie pour les proches.

Le premier sens de Hanouka: la fête de la lumière universelle

En ce jour de Roch Hodech Kislev, voici un petit article sur Hanouka sorti de mes tiroirs et toujours d’actualité… חודש טוב לכלם

Hanouka, entre toutes les fêtes, illustre l’attachement du peuple juif à sa tradition, une tradition de vie, porteuse de vie, adaptée à nos vies.

Absente de la Bible, à peine évoquée dans la michna, Hanouka nous apparaît pour la première fois dans le Talmud. Une braïta (source tanaïtique), citée dans le traité chabat du Talmud babylonien (21b) présente le lien entre la célébration et l’allumage de bougies.

Hanouka est, selon le talmud lui-même, originé dans un phénomène naturel impressionnant : le raccourcissement des jours. Il est essentiel de se mettre dans la peau des générations précédentes. L’amoindrissement de la luminosité et du temps d’exposition au soleil nous influence tous, parfois de façon imperceptible ou subliminale. Il nous est facile aujourd’hui, pour peu que nous en prenions conscience, d’allumer une lampe ou une bougie. La situation était toute autre dans le passé. L’absence de l’électricité rendait l’éclairage très difficile, très fragile et très peu confortable. La lumière vacillante des bougies elle-même constituait un luxe. Le Talmud va jusqu’à poser la question du choix à opérer si on ne dispose pas de l’argent nécessaire pour se procurer à la fois les bougies de Hanouka et le vin du kidouch du chabat !

Lorsque petit à petit, dans notre univers physique, dans notre univers familial, dans notre univers personnel, la lumière diminue, il est important d’en prendre conscience. C’est le premier message de Hanouka.

Cette prise de conscience, pourtant, peut faire peur. Le talmud fait remonter cette première angoisse à Adam Harichon, le premier humain. Voyant les jours raccourcir, torturé de culpabilité face à la faute qui l’avait chassé du jardin d’Eden, Adam vit sa fin venir. Il s’imagina disparaître dans l’obscurité, poursuivi par la faute de la consommation du fruit de l’arbre de la connaissance. Il entreprit alors, nous dit le Talmud, de jeûner et de prier. Quand vint l’époque du mois de tévèt, il observa le rallongement des jours, il se dit qu’il s’agissait du fonctionnement normal du monde, et se consacré à huit jours de fête (avoda zara 8a). C’est avec la renaissance des jours qu’Adam pu reprendre sa vie. C’est ainsi que naquit la fête. La première origine de la fête serait liée à la nature, et à son influence sur nos sentiments et comportement.

Allumer les lumières de Hanouka permet de nous situer en harmonie avec la nature, sans nous laisser dominer par elle, de ne pas laisser nos jours se raccourcir et notre univers se réduire comme une peau de chagrin.

Au contraire, connaître la nature nous permet d’anticiper son cours et de nous prémunir de ses atteintes, de nous nourrir de ses offrandes. Dans ce premier sens, Hanouka est une fête universelle, c’est la fête des lumières, accompagnée par les guirlandes laïques et chrétiennes qui accompagnent elles-aussi l’obscurité de l’hiver….

Hanouka a également un sens spécifique à l’identité juive, nous l’évoquerons dans les prochains jours.